L'ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique à travers le double regard d'une ethnolinguiste . ROULON-DOKO, Paulette

Chapitre

Titre: Les particularités de la méthodologie ethnolinguistique
Durée: 00:04:42   [00:00:00 > 00:04:42]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le but de l’ethnolinguistique, explique Paulette Roulon-Doko, est de décrire une langue, de la connaître, d’observer, mais aussi d’exploiter les mots des gens pour comprendre leur vision des choses. En d’autres termes, les ethnolinguistes se demandent comment la parole permet de comprendre l’organisation du monde dans une culture donnée.
Titre: Les choix de l’Afrique et de l’ethnie Gbaya ‘bodoe de Centrafrique
Durée: 00:05:47   [00:04:42 > 00:10:29]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Paulette Roulon-Doko a suivi une formation universitaire de linguiste et d’ethnographe. Envisageant d’abord d’étudier les cultures d’Europe centrale, elle a finalement décidé de se tourner vers l’Afrique. C’est alors que Jacqueline Thomas, Directrice de recherche au CNRS, lui a proposé de participer à un projet linguistique en Centrafrique, auprès de l’ethnie Gbaya. Ces derniers vivent dans une zone montagneuse et boisée dans l’ouest du pays.
Titre: L’importance de ne pas rester l’étranger
Durée: 00:10:27   [00:10:29 > 00:20:56]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Lorsque les Gbaya rencontrent des étrangers, ils neutralisent leurs différences afin simplifier les relations, c’est pourquoi il était d’autant plus important pour Paulette Roulon-Doko de ne pas garder ce statut d’étrangère. Pour cela, elle a d’abord expliqué à la population le travail qu’elle souhaitait effectuer, elle a également essayé de les aider avec des médicaments, ce qui lui a permis d’instaurer une relation de confiance. Mais ce n’est qu’au bout de 8 mois, après avoir effectué une tournée dialectale des environs et du Cameroun, en compagnie de Gbayas, que la situation a évolué. A son retour, ils l'ont d'avantage considérée pour son statut de femme que d’étrangère, et les Gabay n'ont plus modifié leur mode de vie en sa présence.
Titre: La nourriture et ses codes et l’importance de la notion de fécondité
Durée: 00:09:46   [00:20:56 > 00:30:42]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Rapidement, Paulette Roulon-Doko s’est aperçue que les Gbaya ne consommaient pas la viande de poulet de façon anodine. Au quotidien, ils se nourrissent principalement de viande de chasse, le poulet et le cabri sont, elles, des viandes rituelles. Ainsi, certains repas et mets sont régis par des croyances et ne peuvent pas se dérouler ou se consommer sans raison. La notion de fécondité est elle aussi très importante dans la culture Gbaya. Pour eux, chaque personne naît avec un potentiel qui lui permet d’avoir de quoi se nourrir, mais aussi d’avoir des enfants. Plusieurs rituels existent afin d'entretenir la fécondité des enfants, récupérer ou perdre la fécondité des femmes, etc.
Titre: La liberté pour les femmes de choisir leur mari
Durée: 00:09:45   [00:30:42 > 00:40:27]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Pour les Gbayas, le mariage est un choix. Il s’agit d’un long processus pendant lequel l’homme doit rendre régulièrement visite aux parents de la femme qu’il convoite, il doit aider le père et se constituer une dot de cabri et d’argent. Si la femme accepte, ils consomment ensemble un poulet, puis elle emménage dans la case que l’homme aura construite pour elle. Le choix du mari ou de la femme reste individuel, les parents ne peuvent accepter ou refuser un mariage à la place de leurs enfants. Paulette Roulon-Doko cite le conte Gbaya de la jeune fille (dont le titre se traduit littéralement « la jeune fille dans la caverne ») qui illustre la liberté de la femme de se choisir un mari.
Titre: L’absence d’un nom de famille
Durée: 00:02:44   [00:40:27 > 00:43:11]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
L’ethnie Gbaya fonctionne sur un système patrilinéaire, sans nom de famille. A la naissance, les parents demandent à plusieurs personnes, proches ou non, de donner un prénom à l’enfant, qui en reçoit donc plusieurs. En grandissant, l’enfant va conserver en moyenne quatre des prénoms qui lui auront été donnés.
Titre: L’enfant crapule
Durée: 00:04:14   [00:43:11 > 00:47:25]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
L’enfant crapule est définit comme étant bon, vif et intelligent, chez les adultes, cette intelligence devient ruse. Pour les Gbaya, les enfants ont également toujours raison, ils sont rois jusqu’à ce qu’ils atteignent 7 ou 8 ans. Dans les contes, l’enfant crapule se présente sous deux profils opposés. Le premier est intelligent, il expérimente de nouvelles choses, ce qui lui permet de faire des découvertes fondamentales pour l’homme. Ce premier profil correspond à celui de Wanto, héro civilisateur, à la fois intelligent et rusé, et adulte à la prononciation enfantine. L’autre catégorie d’enfant crapule n’expérimente que des choses qu’il sait ne pas devoir faire, et cet enfant finit toujours par mourir des suite de ses expérimentations.
Titre: L’importance de la langue
Durée: 00:05:49   [00:47:25 > 00:53:14]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Dans les langues africaines en général, il existe deux systèmes de détermination des noms, il est possible de construire une phrase avec ou sans la préposition « de ». En Gbaya, le système verbal se décline sous vingt-six formes, structurées par le mode et l’aspect, mais il n’y a pas de marque de temps. On identifie parfois le virtuel comme étant du futur, mais il s’agit en réalité d’une projection, sans certitude d’accomplissement. Le futur se construit avec une marque grammaticale l’indiquant, ainsi que le réel accompli. Pour la phrase « tu viendras demain », en Gbaya cela correspondrait à « demain tu es venu ».
Titre: La conception du temps chez les Gbaya
Durée: 00:03:29   [00:53:14 > 00:56:43]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les Gbayas conçoivent surtout le temps comme cyclique, ils n’ont pas de temps historique. Pour eux, la notion d’âge, compté en années, est difficile à saisir parce qu'ils ne conçoivent pas d’accumulation du temps.
Titre: L’espace des vivants, des ancêtres et celui des divinités
Durée: 00:05:33   [00:56:43 > 01:02:16]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Pour les Gbayas, le monde est divisé en trois espaces. La surface de la terre, terrain des hommes et des êtres vivants, la voûte céleste, puis l’espace au-delà du ciel et sous la surface de la terre, qui appartient aux ancêtres et aux divinités (qui en Gbaya se traduisent par le même terme). Les Gbayas n’ont pas de rite d’enterrement, lorsqu’une personne décède, elle devient automatiquement ancêtre, son corps n’a plus d’intérêt.
Titre: A propos de la langue Gbaya
Durée: 00:15:10   [01:02:16 > 01:17:26]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le Gbaya est une langue hautement polysémique à deux tons, haut et bas, qui changent le sens d’un mot. Paulette Roulon-Doko présente l’exemple de « nú », selon le nom auquel il est associé, son sens change. Il peut être la bouche des animaux, l’ouverture d’un panier, la lame d’un couteau, la pointe d’une aiguille, etc. Cela a permis à Colette Roulon-Doko de comprendre que « nú », qui employé seul veut dire « la langue », « l’idiome », est en réalité la partie active des choses. En effet, la langue elle-même est l’activité des hommes par excellence. Elle a également remarqué que la polysémie d’un mot partait, en général, d'un sens abstrait pour se concrétiser sous différentes formes. Il n’y a donc que peu de verbes, puisque ces derniers, comme les autres mots, peuvent se décliner.
Titre: Sorcellerie, malédiction, procès et jugements
Durée: 00:09:37   [01:17:26 > 01:27:03]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les sorciers se révèlent lors de danses, et comme il n’y pas de formation, le statut est accessible à toutes personnes connaissant la révélation. Les Gbayas parlent de sorcellerie dans différentes situations. Lorsque un membre de la communauté se sent menacé ou qu’il est malheureux, il peut se considéré victime d'une malédiction, mais l'accusation reste personnelle et n'est pas relayée par la population. Lors de vols, la personne lésée, ne connaissant pas le coupable, lance cette fois une malédiction anonyme. Il est dit que les grands voleurs, à force de malédiction, engendrent des enfants idiots. Il arrive également que des sorciers blancs, accusent des personnes d’être responsables d’accidents ou de phénomènes, dans ce cas-là, un procès est organisé. Dans la culture Gbaya, les jugements sont informels, tout le monde peut intervenir et donner son avis. Le délibéré est un consensus considéré comme raisonnable, mais il n’est pas toujours obligé d’être appliqué.
Titre: Interactions avec le monde moderne
Durée: 00:15:27   [01:27:03 > 01:42:30]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les Gbaya que Paulette Roulon-Doko a étudiés, ont conservé leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs et ils sont auto-subsistants, ce qui n’est pas le cas des Gbaya du Cameroun. Même s’ils prennent en considération ce qu’il se passe à l’extérieur, se rendent souvent en ville, ou partent y travailler (le temps de se constituer une dot), ils reviennent toujours dans leurs villages. Ils ont en effet une grande réticence pour le travail rémunéré, surtout s’ils n’ont pas d’intérêt pour ce dernier. On remarque cependant que la culture n’est pas figée, elle évolue. Par exemple, l’intégration de l’argent dans la dot, a modifié les comportements. Ce dernier se dépense et se gagne, il ne circule pas dans le lignage comme le faisait les barres en fer qui n’avaient qu’un sens rituel. Les Gbayas prennent également en compte les différences qui existent entre leur culture et les autres, par exemple, certains pères autorisent aujourd'hui leurs filles à manger du poulet, et le jour où l’excision des femmes a été interdite, dans les années 1960, les Gbayas ont immédiatement abandonnés la pratique, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’autres ethnies. Les Gbayas se sentent concernés par la protection de leur environnement, ainsi lorsque des personnes extérieurs ont essayé d’instaurer des industries néfastes pour la nature, les Gbayas y ont mis fin.
Titre: L’importance de l’individu
Durée: 00:02:12   [01:42:30 > 01:44:42]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Lorsqu’une personne âgée décède, les Gbaya organisent une « moquerie de la mort », pendant cet évènement, ils imitent la personne, cela implique une connaissance profonde de l’individu.
Titre: Travail et apprentissage
Durée: 00:06:21   [01:44:42 > 01:51:03]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les Gbayas exercent les métiers qui les intéressent, mais ce ne sont pas des professionnels. Les connaissances ne s’acquièrent pas de façon didactique, mais par l’observation et l’expérience. Les rites, par exemple, ne sont pas expliqués aux enfants au travers d’un discours, ces derniers les apprennent par la pratique. Soucieux de leur indépendance, les membres de l’ethnie Gbaya ne reçoivent ni ne donnent d’ordre, chaque individu est donc très autonomes.
Titre: Le vouvoiement et la reconnaissance du statut
Durée: 00:02:57   [01:51:03 > 01:54:00]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
La langue gbaya ne marque pas de reconnaissance hiérarchique, le vouvoiement est réservé au cadre familiale et il ne marque que l’antériorité. La personne vouvoyée peut vouvoyer son interlocuteur en retour si elle est contente de lui. Il existe également un vouvoiement de solidarité entre les enfants d’âges différents qui jouent ensemble.
Titre: Perspectives d’avenir
Durée: 00:02:27   [01:54:00 > 01:56:15]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
D’après Paulette Roulon-Doko, la culture Gbaya est suffisamment forte pour trouver sa place dans le monde moderne. Bien que les écoles d’état aient fermées après la chute de l’empereur Jean-Bedel bokassa (1921-1996) en 1979, les Gbayas ont souhaité rouvrir leur propre école, mais le projet n’a duré que peu de temps.

17 chapitres.
  • Entretien filmé. Le but de l’ethnolinguistique, explique Paulette Roulon-Doko, est de décrire une langue, de la connaître, d’observer, mais aussi d’exploiter les mots des gens pour comprendre leur vision des choses. En d’autres termes, les ethnolinguistes se demandent comment la parole permet de comprendre l’organisation du monde dans une culture donnée.
  • Entretien filmé. Paulette Roulon-Doko a suivi une formation universitaire de linguiste et d’ethnographe. Envisageant d’abord d’étudier les cultures d’Europe centrale, elle a finalement décidé de se tourner vers l’Afrique. C’est alors que Jacqueline Thomas, Directrice de recherche au CNRS, lui a proposé de participer à un projet linguistique en Centrafrique, auprès de l’ethnie Gbaya. Ces derniers vivent dans une zone montagneuse et boisée dans l’ouest du pays.
  • Entretien filmé. Lorsque les Gbaya rencontrent des étrangers, ils neutralisent leurs différences afin simplifier les relations, c’est pourquoi il était d’autant plus important pour Paulette Roulon-Doko de ne pas garder ce statut d’étrangère. Pour cela, elle a d’abord expliqué à la population le travail qu’elle souhaitait effectuer, elle a également essayé de les aider avec des médicaments, ce qui lui a permis d’instaurer une relation de confiance. Mais ce n’est qu’au bout de 8 mois, après avoir effectué une tournée dialectale des environs et du Cameroun, en compagnie de Gbayas, que la situation a évolué. A son retour, ils l'ont d'avantage considérée pour son statut de femme que d’étrangère, et les Gabay n'ont plus modifié leur mode de vie en sa présence.
  • Entretien filmé. Rapidement, Paulette Roulon-Doko s’est aperçue que les Gbaya ne consommaient pas la viande de poulet de façon anodine. Au quotidien, ils se nourrissent principalement de viande de chasse, le poulet et le cabri sont, elles, des viandes rituelles. Ainsi, certains repas et mets sont régis par des croyances et ne peuvent pas se dérouler ou se consommer sans raison. La notion de fécondité est elle aussi très importante dans la culture Gbaya. Pour eux, chaque personne naît avec un potentiel qui lui permet d’avoir de quoi se nourrir, mais aussi d’avoir des enfants. Plusieurs rituels existent afin d'entretenir la fécondité des enfants, récupérer ou perdre la fécondité des femmes, etc.
  • Entretien filmé. Pour les Gbayas, le mariage est un choix. Il s’agit d’un long processus pendant lequel l’homme doit rendre régulièrement visite aux parents de la femme qu’il convoite, il doit aider le père et se constituer une dot de cabri et d’argent. Si la femme accepte, ils consomment ensemble un poulet, puis elle emménage dans la case que l’homme aura construite pour elle. Le choix du mari ou de la femme reste individuel, les parents ne peuvent accepter ou refuser un mariage à la place de leurs enfants. Paulette Roulon-Doko cite le conte Gbaya de la jeune fille (dont le titre se traduit littéralement « la jeune fille dans la caverne ») qui illustre la liberté de la femme de se choisir un mari.
  • Entretien filmé. L’ethnie Gbaya fonctionne sur un système patrilinéaire, sans nom de famille. A la naissance, les parents demandent à plusieurs personnes, proches ou non, de donner un prénom à l’enfant, qui en reçoit donc plusieurs. En grandissant, l’enfant va conserver en moyenne quatre des prénoms qui lui auront été donnés.
  • Entretien filmé. L’enfant crapule est définit comme étant bon, vif et intelligent, chez les adultes, cette intelligence devient ruse. Pour les Gbaya, les enfants ont également toujours raison, ils sont rois jusqu’à ce qu’ils atteignent 7 ou 8 ans. Dans les contes, l’enfant crapule se présente sous deux profils opposés. Le premier est intelligent, il expérimente de nouvelles choses, ce qui lui permet de faire des découvertes fondamentales pour l’homme. Ce premier profil correspond à celui de Wanto, héro civilisateur, à la fois intelligent et rusé, et adulte à la prononciation enfantine. L’autre catégorie d’enfant crapule n’expérimente que des choses qu’il sait ne pas devoir faire, et cet enfant finit toujours par mourir des suite de ses expérimentations.
  • Entretien filmé. Dans les langues africaines en général, il existe deux systèmes de détermination des noms, il est possible de construire une phrase avec ou sans la préposition « de ». En Gbaya, le système verbal se décline sous vingt-six formes, structurées par le mode et l’aspect, mais il n’y a pas de marque de temps. On identifie parfois le virtuel comme étant du futur, mais il s’agit en réalité d’une projection, sans certitude d’accomplissement. Le futur se construit avec une marque grammaticale l’indiquant, ainsi que le réel accompli. Pour la phrase « tu viendras demain », en Gbaya cela correspondrait à « demain tu es venu ».
  • Entretien filmé. Pour les Gbayas, le monde est divisé en trois espaces. La surface de la terre, terrain des hommes et des êtres vivants, la voûte céleste, puis l’espace au-delà du ciel et sous la surface de la terre, qui appartient aux ancêtres et aux divinités (qui en Gbaya se traduisent par le même terme). Les Gbayas n’ont pas de rite d’enterrement, lorsqu’une personne décède, elle devient automatiquement ancêtre, son corps n’a plus d’intérêt.
  • Entretien filmé. Le Gbaya est une langue hautement polysémique à deux tons, haut et bas, qui changent le sens d’un mot. Paulette Roulon-Doko présente l’exemple de « nú », selon le nom auquel il est associé, son sens change. Il peut être la bouche des animaux, l’ouverture d’un panier, la lame d’un couteau, la pointe d’une aiguille, etc. Cela a permis à Colette Roulon-Doko de comprendre que « nú », qui employé seul veut dire « la langue », « l’idiome », est en réalité la partie active des choses. En effet, la langue elle-même est l’activité des hommes par excellence. Elle a également remarqué que la polysémie d’un mot partait, en général, d'un sens abstrait pour se concrétiser sous différentes formes. Il n’y a donc que peu de verbes, puisque ces derniers, comme les autres mots, peuvent se décliner.
  • Entretien filmé. Les sorciers se révèlent lors de danses, et comme il n’y pas de formation, le statut est accessible à toutes personnes connaissant la révélation. Les Gbayas parlent de sorcellerie dans différentes situations. Lorsque un membre de la communauté se sent menacé ou qu’il est malheureux, il peut se considéré victime d'une malédiction, mais l'accusation reste personnelle et n'est pas relayée par la population. Lors de vols, la personne lésée, ne connaissant pas le coupable, lance cette fois une malédiction anonyme. Il est dit que les grands voleurs, à force de malédiction, engendrent des enfants idiots. Il arrive également que des sorciers blancs, accusent des personnes d’être responsables d’accidents ou de phénomènes, dans ce cas-là, un procès est organisé. Dans la culture Gbaya, les jugements sont informels, tout le monde peut intervenir et donner son avis. Le délibéré est un consensus considéré comme raisonnable, mais il n’est pas toujours obligé d’être appliqué.
  • Entretien filmé. Les Gbaya que Paulette Roulon-Doko a étudiés, ont conservé leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs et ils sont auto-subsistants, ce qui n’est pas le cas des Gbaya du Cameroun. Même s’ils prennent en considération ce qu’il se passe à l’extérieur, se rendent souvent en ville, ou partent y travailler (le temps de se constituer une dot), ils reviennent toujours dans leurs villages. Ils ont en effet une grande réticence pour le travail rémunéré, surtout s’ils n’ont pas d’intérêt pour ce dernier. On remarque cependant que la culture n’est pas figée, elle évolue. Par exemple, l’intégration de l’argent dans la dot, a modifié les comportements. Ce dernier se dépense et se gagne, il ne circule pas dans le lignage comme le faisait les barres en fer qui n’avaient qu’un sens rituel. Les Gbayas prennent également en compte les différences qui existent entre leur culture et les autres, par exemple, certains pères autorisent aujourd'hui leurs filles à manger du poulet, et le jour où l’excision des femmes a été interdite, dans les années 1960, les Gbayas ont immédiatement abandonnés la pratique, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’autres ethnies. Les Gbayas se sentent concernés par la protection de leur environnement, ainsi lorsque des personnes extérieurs ont essayé d’instaurer des industries néfastes pour la nature, les Gbayas y ont mis fin.
  • Entretien filmé. Les Gbayas exercent les métiers qui les intéressent, mais ce ne sont pas des professionnels. Les connaissances ne s’acquièrent pas de façon didactique, mais par l’observation et l’expérience. Les rites, par exemple, ne sont pas expliqués aux enfants au travers d’un discours, ces derniers les apprennent par la pratique. Soucieux de leur indépendance, les membres de l’ethnie Gbaya ne reçoivent ni ne donnent d’ordre, chaque individu est donc très autonomes.
  • Entretien filmé. D’après Paulette Roulon-Doko, la culture Gbaya est suffisamment forte pour trouver sa place dans le monde moderne. Bien que les écoles d’état aient fermées après la chute de l’empereur Jean-Bedel bokassa (1921-1996) en 1979, les Gbayas ont souhaité rouvrir leur propre école, mais le projet n’a duré que peu de temps.
Titre: L'ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique à travers le double regard d'une ethnolinguiste
Auteur(s): ROULON-DOKO, Paulette
Durée: 01:56:15
Date de réalisation: 17/12/2003
Lieu de réalisation: Fondation Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail, 75006, Paris, France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Paulette Roulon-Doko, Directrice de recherche au CNRS, membre de LLACAN (Langues et Cultures d’Afrique Noire), nous présente dans cet entretien, la langue et la culture de l’ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique.
Paulette Roulon-Doko est linguiste et sociologue de formation, elle est directrice de recherche au CNRS et membre de LLACAN (Langues et Cultures d’Afrique Noire). Dans cet entretien, elle nous présente la langue et la culture de l’ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique. Elle explique la relation des Gbayas avec l’extérieur et la modernité, les particularités et subtilités de leur langue, ainsi que l’organisation sociale des villages et lignages. Elle cite plusieurs contes, rituels et anecdotes, qui permettent d’illustrer ses propos.
Sujet: Linguistique et langues
Topique: Anthropologie linguistique
Domaine: Ethnolinguistique
Domaine: Grammaire
Domaine: Linguistique
Domaine: Linguistique de terrain
Domaine: Philologie
Mots-clés: gbaya ; centrafrique : afrique centrale ; ethnologie ; linguistique ; polysémie ; conte ;
Localisation spatiale du sujet: République centrafricaine
Localisation temporelle du sujet: XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien
Sujet: Les langues du monde
Topique: Gbaya Kara
Mots-clés: gbaya ; langue ; afrique centrale ; centrafrique ; ethnolinguistique ; linguistique ;
Localisation spatiale du sujet: Cameroun ; République centrafricaine
Localisation temporelle du sujet: XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien
Le gbaya est une langue de la famille des langues oubanguiennes, on estime qu’aujourd’hui elle aurait plus de 800 mille locuteurs. Elle est parlée en République Centrafricaine, ainsi qu’à l’Est du Cameroun.
Sujet: Recherche philologique
Topique: Philologie
Mots-clés: philologie ; linguistique ; conte ; gbaya ; wampo ; enfant crapule ; la jeune fille ;
Localisation spatiale du sujet: République centrafricaine
Localisation temporelle du sujet: XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien
Sujet: Régions et pays
Topique: République centrafricaine
Mots-clés: afrique centrale ; république centrafricaine ; centrafrique ; ethnie ; gbaya ;
Localisation temporelle du sujet: XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien
La République centrafricaine est un pays d’Afrique Centrale, elle a pour capitale, la ville de Bangui, et sa population est estimée à plus de 5 millions d'habitants. Le pays à deux langues officielles : le français et le sango, mais il compte également plus de vingt-quatre ethnies ayant chacune une langue, dont le gbaya.
Sujet: Rituels et manifestations festives
Topique: Rituels de l'ethnie gbaya 'bodoe et sorcellerie
Mots-clés: rite ; rituel ; sorcellerie ; mariage ; fécondité ; aliment ; gbaya ; centrafrique ; afrique centrale ;
Localisation spatiale du sujet: République centrafricaine
Localisation temporelle du sujet: XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien
Nom: Roulon-Doko
Prénom: Paulette
Rôle: Linguistes
Appartenance: CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique, Unité Mixte de Recherche "Langage, Langues et Cultures d’Afrique Noire" (LLACAN, UMR 8135)
Fonction: Directrice de recherche
Adresse: Paris, France
Paulette Roulon-Doko est directrice de recherche au CNRS et membre du LLACAN (Langues Cultures d’Afrique Noire). Elle est linguiste et ethnologue de formation. Après avoir écrit plusieurs ouvrages consacrés à la langue et aux moeurs Gbaya disponibles pour la plupart chez l'Harmattan, elle a rédigé et publié un dictionnaire de la langue Gbaya.
Type: Exposé(s) scientifique(s)
Paulette Roulon-Doko présente l'ethnie Gbaya 'bodoe, de Centrafrique, Afrique, d'un point de vue ethnolinguistique et ethnologique.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Entretien portant sur des recherches en ethnolinguistique et sur la culture de l’ethnie Gbaya ‘bodeo et Centrafrique.
Type: Enseignement supérieur
Public cible: Pour tout public
Entretien susceptible d'intéresser les étudiants en ethnolinguistique.
ROULON-DOKO, Paulette. « L'ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique à travers le double regard d'une ethnolinguiste », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°182, 2003, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/182/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU, Camille, ESCoM-FMSH, Paris, 2003
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© ROULON-DOKO, Paulette, Directrice de Recheches, CNRS, Paris, 2003 © GOTMAN, Anne, Directrice de Recheches, CNRS, Paris, 2003
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page "
Titre: Analyse de l’entretien intitulé « L'ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique à travers le double regard d'une ethnolinguiste »
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRISA, Oriane. « Analyse de l’entretien intitulé « L'ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique à travers le double regard d'une ethnolinguiste »» (Portail ARC, 2014) : http://www.arc.msh-paris.fr/
Id analyse: dee6a225-9718-4f3d-832d-7787770266f6
Id vidéo: 1e563b2c-48f3-4b29-aa2e-7d53e32cbd7f
Description de l’entretien avec Paulette Roulon-Doko, sur l’ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique, Afrique.